"Quand [les Stoïciens] disent que toutes les choses sont des corps, ils veulent dire que toutes les choses se définissent par tonos, l’effort contracté qui définit la chose. L’espèce de contraction, la force embryonnée qui est dans la chose, si vous ne la trouvez pas, vous ne connaissez pas la chose. Ce que Spinoza reprendra avec l’expression, «qu’est-ce que peut un corps?» 
Autre exemple. Après les stoïciens, au début du christianisme, se développe un type de philosophie très extraordinaire: l’école néo-platonicienne. Le préfixe néo est particulièrement bien fondé. C’est en s’appuyant sur des textes de Platon extrêmement importants que les néo-platoniciens vont complètement décentrer tout le platonisme. Si bien que, en un certain sens, on pourrait dire que ça y était déjà chez Platon. Seulement, ça y était comme pris dans un ensemble qui n’était pas celui-là. 
Plotin, on en a recueilli les Ennéades. Parcourez l’Ennéade IV, livre 5. Vous verrez une espèce de prodigieux cours sur la lumière, texte prodigieux où Plotin va essayer de montrer que la lumière ne peut être comprise ni en fonction du corps émetteur, ni en fonction du corps récepteur. Son problème, c’est que la lumière fait partie de ces chose bizarres qui vont être, pour Plotin, les vraies choses idéales. On ne peut plus dire qu’elle commence là et qu’elle finit là. Où commence une lumière? Où finit une lumière? "

 

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