12 août 2014

Eteindre la lumière,chaque nuit, est comme un rite d'initiation: s'ouvrir au corps de l'ombre, revenir au cycle d'un apprentissage toujours remis; se rappeler que toute lumière est une enclave transitoire.   Dans l'ombre, par exemple, les noms qui nous servent dans la lumière n'ont plus cours. Il faut les remplacer un à un. Et plus tard effacer tous les noms. Et même finir par changer tout le langage et articuler le langage de l'ombre.   Eteindre la lumière, chaque nuit, rend notre identité honteuse, broie... [Lire la suite]
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30 décembre 2013

A M. M.Cornelius Fronto l’expliquait déjà, au début de notre ère, à son disciple Marc Aurèle : « Va à la source de la philosophie et non à la philosophie. N’égare jamais dans la philosophie le rythme, la voix qui y parle et le psophos rémanent et émotif auquel elle emprunte. Repousse ses dissertations bossuées, contournées. Par le choix des mots, par la nouveauté de l’ancien qui est au fond de l’âme, de l’archaïque qui est au fond de l’élan, en t’abandonnant à l’investigation propre aux images, je t’ai fait pénétrer non seulement dans... [Lire la suite]
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31 juillet 2013

La tendresse (1983-1984)(Obéissance au vent IV)   tu n'as pas de visage et sans doute est ce pourquoi mes mots s'en vont vers toi, cherchant à cerner l'ombre que tu es, un chien aboie, des voix parlent, le silence est toujours si fragile, cette solitude où pour la première fois tu viens au monde, où peut être tu mourras aussi, je ne te connais pas, tu n'es rien que l'obscur de ma phrase, cet appel soudain, au volant, conduisant sur une route en pente, le soleil à gauche éclairait les collines et j'ai su que de quelque... [Lire la suite]
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31 juillet 2013

La voix de la mer (2008) Il se souvient. Le cendrier, la table basse, la fenêtre et sa lumière pâle. Il voit, mais sans voir. Il entend, mais sans entendre. Il a levé un bras, prononcé quelques mots et une infinité de bras, de mots se sont levés, ont retenti. Et depuis, il cherche. Cette émotion. Il est là. Il écrit des mots. Il ne sait plus. Il ne comprend plus. L'autre s'est mis à parler et c'est comme si c'était la première fois. Oui, un commencement. Le matin ou l'enfance. Comme une lumière - et c'est toutes les lumières. Un lieu... [Lire la suite]
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31 juillet 2013

L'imperceptible (1996)   Ça vient, c'est déjà reparti. Tu crois que c'est le temps, mais non. Autre chose. Comme une effervescence minuscule: tu fais un lit, tu marches dans une rue quelconque et c'est là. Comme une clarté au milieu du jour, mais sans lumière. Sans rien d’autre pour le dire que quelques mots, soudain, très simples — table, cri ou silence ou nuit… — et qui insistent. Alors, tu les prends: ils forment de petits organismes brefs, pareils à des coquillages que tu porterais à l'oreille pour écouter. (Tu crois... [Lire la suite]
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